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CHITTACONG
REMADE IN BENGLADESH,
ARTICULATION D’UNE PRODUCTION LOCALE RÉSILIENTE
 
Auteur : Meriem Chabani
source : diplome ENSA paris malaquais, 2013
LafargeHolcim Awards Next Generation 5eme place
Directeur de département : Steven Melemis
Directeur d’étude : Marc Armangaud
Second Enseignant: Sandra Parvu
 

“La ville échappe à son déterminisme grâce à l’inventivité et à l’improvisation de ses habitants. Si ce sont des intentions politiques qui la dessinent, c’est sa population qui la transforme. Chittagong, dont les grands corps urbains sont le résultat d’investissements étrangers et dont la politique urbaine est fortement dépendante, est à la fois “ville des autres”, et la ville de tous.”

Remade in Bangladesh cherche à réinvestir, à une échelle urbaine et architecturale, l’industrie du textile bangladaise. Via une mise en relation d’acteurs ayant une action concrète sur le site, l’auteur se donne pour mission de redéfinir le Made in Bangladesh tel qu’il se présente aujourd’hui, comme un mode de production précaire plutôt qu’un produit aux qualités intrinsèques et significatives. S’éloignant d’une production massive centralisée, le projet explore la mise en réseau de cellules de production de taille réduite, dessinant un parc de micro-entreprises organisées autour d’une foire d’import/export.


Synthèse territoriale des interventions. ©Meriem Chabani  

Au coeur d’intérêts financiers étrangers, le Bangladesh se développe en composant avec une matrice géopolitique contraignante. Chittagong, premier port du pays, deuxième plus grande ville, centre névralgique de l’import/ export au Bangladesh, cristallise les tensions entre la grande industrie et la petite économie. 92% des exportations du pays transitent par le port de Chittagong. Ce qui en fait, à titre économique, le coeur de la relation du pays au monde, devant Dhaka, sa capitale.


©Meriem Chabani  


Mise en place d'un système de micro-entreprise.  

À Chittagong, vivre et produire vont de pair. Les échoppes disposent d’ateliers en arrière-cour, quand ils ne sont pas en pleine rue, qui génèrent jour après jour les produits mis en vente. Très souvent, le logement se situe à proximité immédiate du lieu de travail, voire s’y mêle directement. C’est ainsi la toolhouse, forme architecturale réunissant production, vente et habitat sous un même toit, qui est le point de départ du projet. Elle conditionne sa stratégie d’insertion des modes de productions dans le tissu urbain. Le projet se décompose en 4 missions du collectif Remade in Bangladesh, qui prennent corps dans une stratégie urbaine globale. L’auteur constitue un catalogue de 10 typologies architecturales déclinant les possibilités d’insertion dans le tissu semi-urbain du district d’Anwara Karnaphuly. A chaque étape, les acteurs impliqués sont identifié, et servent de substance au projet : faire projet, oui, mais pour qui, et avec qui.


Foire Import/Export : Un évènement pour la promotion et la vente des produits “Remade in Bangladesh” à l’international.  


Toolhouses, ateliers, 10 propositions. ©Meriem Chabani  

Le catalogue des constructions (maison/ ateliers, ateliers, centre d’exposition) présente des structures simples, facilement reproductibles. Pour des raisons de sécurité, le béton est le matériau structurel principal, protégeant des intempéries et de la chaleur. Des matériaux locaux tels que le bambou, la terre et la brique sont utilisés pour le second oeuvre.

Conçu comme un regard critique des mécaniques de la mondialisation sur un territoire du tiers monde, il s’agit avant tout du témoignage d’une alternative. Il s’agit d’illustrer la responsabilité et la marge de manoeuvre de l’architecte dans une panoplie d’échelles très large, dans sa qualité de médiateur autant que de constructeur.


©Meriem Chabani  


©Meriem Chabani  


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Photos prises à l'occasion de l'exposition New South à la galerie du Crous.
Novembre 2015.


©Pierre Seron  


©Pierre Seron